Bonjour Niko,
1/ à vous lire, j'ai l'impression que vous débutez dans la vie professionnelle. Vous ne parlez pas de vos expériences passées et l'entreprenariat semble vous être encore étranger.
Ce relatif isolement à la création d'une première entreprise peut devenir un handicap rapidement. Certes, la demande est forte dans les services à la personne mais il faut quand même séduire la clientèle en mettant en place à la fois des stratégies de communication et des procédures Qualité propres à rendre vos services professionnels et fiables. Or, dans notre domaine, le travail de gestion des ressources humaines est très dense, les candidatures sont très nombreuses et il faut assurer un suivi assez serré des carrières pour obtenir du personnel fiable. En même temps, la clientèle est de plus en plus exigeante au fur à mesure que l'offre se déploie. Depuis janvier 2006, de nombreux acteurs majeurs ont su développer des outils qualitatifs et communicationnels qui rendent le travail des nouveaux créateurs moins facile qu'auparavant. Là encore, profiter de l'aspiration de cette expérience par une franchise est une garantie de proposer à sa clientèle des outils éprouvés : logiciels de gestion, processus management des cadres et intervenants, comptabilité, communication, etc. Autant d'outils qu'une personne seule ne peut mettre en place rapidement (le temps de développement ne peut assurément être long, les charges sociales pèsent lourd et il faut être vite rentable) si elle ne dispose pas déjà soit d'une forte expérience, soit de fonds à investir dans les compétences que le gérant n'a pas ou des personnes de l'entourage disponibles et investies dans le projet.
Seul et sans argent face à ce marché en plein développement : bon courage !
De plus, le marché est depuis 2006 porté à plus de 50% par l'état qui a mis en place une procédure de paiement dédiée (le cesu), une législation dédiée et surtout un plan de développement économique des services de l'agrément simple : exonération de charges, crédits d'impôts, réductions d'impôts, etc.
Il faut donc bien comprendre maintenant que c'est un marché très dépendant des fluctuations politiques. La politique fiscale de droite actuelle pourrait subir un virage à 180°en 2012, laissant sur le carreau de nombreux entrepreneurs qui n'auront pas réussi à développer une activité pérenne sur le marché des services de l'agrément Qualité. Car seuls les services aux personnes vulnérables est sont assurés de survivre à un changement de politique.
Plusieurs éléments montrent qu'un revirement est possible.
- Le rapport de la cour des comptes 2010, qui pointe l'empressement de la mise en place du Plan Borloo puis du plan Wauquiez et ses nombreuses lacunes;
- La dénonciation des nombreuses niches fiscales dont ne profitent quasiment que les personnes imposables et qui pourraient soit subir des restrictions, soit être purement et simplement annulées;
- Le plan Borloo visait à créer 500 000 emplois. On sait donc parfaitement qu'il est motivé par un objectif politique autant que social de réduction du nombre des demandeurs d'emploi. Si les objectifs ne sont pas atteints, les fondements du marché des services à la personne pourraient largement être remis en cause et le marché pourrait devoir se maintenir sur les seules ressources des entrepreneurs privés et leur ingéniosité. Il ne resterait alors que de grands acteurs. Il semblerait que le marché des services à la personne ait une forme similaire à celle de l'immobilier des années 90 : une multitude d'agences au départ du développement du secteur, puis l'émergence de grands groupes qui ont pris 80% des parts de marché. Aujourd'hui, des groupes comme Acadomia, o2, merci+ visent à "prendre" le marché à moyen terme par des politiques de croissance externe, c'est à dire par le rachat de PME. Il vaudra mieux alors être du bon côté. C'est une certaine conscience du marché qui permet de se positionner. A vous de juger si vous souhaitez travailler pour un grand groupe commercial ou si vous voulez prendre des parts à céder éventuellement dans quelques années, quand les PME n'auront plus les moyens de survivre à un marché délaissé par l'Etat.
2/ Oui, l'âge du gérant peut être un frein s'il n'est pas compensé par des faits d'arme qualifiants. Jeune âge = (en général) peu ou pas d'expérience. Or, l'agrément qualité est de plus en plus délivré en fonction de l'expérience des cadres. L'âge du capitaine est un paramètre important. Une formation par l'ANPE est souvent aussi crédible qu'une licence en arts plastiques dans ces métiers... Commencez par demander le dossier de demande de l'agrément qualité pour vous faire une idée de vos lacunes éventuelles.
3/ Internet, Internet, Internet. C'est le secret de tout dans ces métiers...
4/ L'entrepreneur peut créer autant de dépendances qu'il a besoin de compétences complémentaires. Sachez vous entourer, la DDT vous le rendra

Cordialement,
Nicolas